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Routes historiques dans les quartiers de Barcelone (XXe siècle)

Ribera et Barceloneta

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Du début de la dictature jusqu’à la fin du franquisme, la Préfecture supérieure de police fut l’un des hauts lieux de la répression franquiste dans la ville de Barcelone. Dans ce commissariat, les forces de l’ordre interrogeaient et torturaient les opposants au régime qui avaient été arrêtés, aussi bien les hommes que les femmes.

Sous la dictature (1939-1975), la Préfecture supérieure de police fut le quartier général de la sixième brigade (également appelée « Brigade politique et sociale »). Instaurée par une loi du 8 mars 1940, il s’agissait de la police politique du régime franquiste, à l’instar de la Gestapo nazie. La Brigade politique et sociale se chargeait de la persécution systématique et arbitraire de tout individu soupçonné de « désaffection » à l’égard du régime franquiste. Eduardo Quintela et Pedro Polo en furent les chefs les plus connus jusqu’à la fin des années cinquante. Antonio Juan Creix fut nommé à la tête de la brigade en 1963, suivi de son frère, Vicente Creix, à partir de 1968. Ces deux noms devinrent les plus redoutés des opposants à la dictature.

Les activités de la brigade se déroulaient sous un signe clairement politique. Son but était de désarticuler l'anti-franquisme, en totale impunité et sans aucun contrôle judiciaire. Elle faisait de la torture une méthode de travail habituelle, grâce à laquelle elle élaborait les procès-verbaux qui permettaient alors d’engager des procédures très sommaires ou de faire intervenir le Tribunal d'ordre public (TOP). Les humiliations et les menaces étaient monnaie courante lors des interrogatoires, tout comme les coups et les tortures, telles que la technique de la « baignoire », qui consistait à plonger la tête du suspect dans une cuvette d’eau froide. La brigade était divisée en plusieurs groupes spécialisés : Service de l'Université, Affaires professionnelles, Activités catalanistes séparatistes, Activités communistes, etc.

Au nombre des opérations menées à bien par la Brigade politique et sociale, il faut citer la désarticulation, en 1947, du mouvement guérillero communiste et de l’appareil de propagande du PSUC, ainsi que l’arrestation de plusieurs dirigeants de ce parti, ce qui revint à le désarticuler lui aussi. La brigade politique et sociale procéda par ailleurs à l’arrestation de Joan Comorera et Gregorio López Raimundo ; à celle de Jordi Pujol suite aux faits du Palau de la Música en 1960 ; à la désarticulation de la « Caputxinada » de 1966 ; ou encore à la violente dissolution de la manifestation organisée par des prêtres devant la Préfecture de police en signe de protestation contre les tortures infligées à l’étudiant Joaquim Boix. Certains membres de la brigade participèrent par ailleurs aux derniers crimes du franquisme, comme l’exécution de Salvador Puig-Antich en 1974 et celle de Juan Paredes « Txiki », en 1975.

Pendant des années, divers mouvements de citoyens ont demandé au gouvernement espagnol de déplacer le détachement de police et de faire dans  la préfecture un espace de mémoire. En 2019, le conseil municipal de Barcelone a installé devant le bâtiment un panneau contenant des informations historiques, qui a été incendié en quelques heures par un groupe contraire à la récupération de la mémoire démocratique.

Localisation: Via Laietana, 43 || Coordonnées: (LAT, LONG): 41.386569194, 2.175047745

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