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Routes historiques dans les quartiers de Barcelone (XXe siècle)

Nou Barris

SITES DE LA ROUTE


 

La tenue du congrès eucharistique à Barcelone en 1952 impliqua la démolition de nombreux groupes de baraques et favorisa la construction d’une zone de maisons à bon marché destinées à accueillir une masse de personnes originaires d’autres endroits du pays, venues à Barcelone à la recherche d’un avenir meilleur. Avec le temps, la mauvaise qualité des logements et les lacunes des alentours provoquèrent un mouvement fort parmi les habitants qui réclamèrent de grandes améliorations pour le quartier du Verdun.

 

En 1952, Barcelone accueillit le XXXVe congrès eucharistique. C’était le premier événement international organisé dans l’Espagne franquiste. Pour les autorités, cet acte représentait la fin de l’isolement international et la chance d'offrir une nouvelle vision du pays, en même temps qu’il servait à renforcer les liens entre le franquisme et l’Église catholique.

Devant l’arrivée de plus de 700 000 personnes en ville, le gouvernement souhaita cacher les quartiers de baraques situés près de l’avenue Diagonal, où devaient être organisées les principales festivités. Les quartiers Santa Gemma, de la rue Numància, de l’avenue Madrid et les environs du palais de Pedralbes furent rapidement démolis et leurs habitants déplacés en un temps record. Le gouverneur civil de Barcelone, Felipe Acedo Colunga, lança un projet urbain inspiré de la structure de la prison de Burgos, bientôt appelé « les maisons du gouverneur », dans une zone non urbanisée du quartier du Verdun.

Le nouveau quartier fut construit en deux mois seulement, mais il ne fut officiellement inauguré que le 10 juillet 1953. À cette date, des familles venues d’autres zones de baraques, comme le Somorrostro, Poble Sec ou Montjuïc, s’étaient déjà réinstallées dans le quartier. Les 906 logements devaient accueillir jusqu’à 5 500 personnes ; ils étaient de dimensions très réduites – environ 20 m2 – et les matériaux de construction étaient de très mauvaise qualité. Des problèmes de fuites d’eau ou des défauts sur les installations électriques ou les tuyauteries apparurent bientôt, ce qui valut aux logements d’être rebaptisés « les petites maisons en papier ».

Le nouveau quartier avait un caractère militaire, au-delà de sa structure architecturale. Un service de surveillance contrôlait la vie des habitants et les obligeait, entre autres vexations, à se lever à la première heure les jours fériés pour nettoyer les rues ; il était également interdit de loger quiconque n’était pas recensé dans le logement (même de la famille). Les conditions du quartier laissaient également à désirer : les réseaux d’éclairage public et les égouts étaient déficients, il n’y avait ni espaces verts, ni centres de soin, ni crèche, et le seul bus à desservir le quartier appartenait à une compagnie privée.  

En 1966, les familles furent forcées d’acheter les logements qu’elles louaient jusqu’alors, au risque de les perdre. La privatisation permettrait aux autorités municipales d’être dégagées de toute responsabilité concernant l’état des immeubles. En 1976, un plan qualifia les maisons du gouverneur de zone à réaménager, ce qui entraîna de nombreuses exigences de la part de l’Association de riverains de Nou Barris. Les habitants réclamaient des logements neufs en échange d’abandonner les maisons. L’Association des riverains du Verdun força la mairie à passer un accord avec le ministère des Travaux publics pour réaménager le quartier. Enfin, en 1994, furent remises les 40 premières clés d’un projet qui ne fut achevé qu’en 2007.

Localisation: Carrers Almansa, Via Favència, Viladrosa i Mas Duran || Coordonnées: (LAT, LONG): 41.443696000, 2.176830000

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