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Routes historiques dans les quartiers de Barcelone (XXe siècle)

Nou Barris

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Le Pla de las Madres de la Plaza de Mayo est délimité par le passeig Verdun et la rue Pi i Molist. Cette petite place inclinée accueille diverses plaques commémoratives de faits très différents, mais qui ont tous pour trait commun la lutte contre les dictatures.

 

Barcelone est une des villes à avoir accueilli le plus d’exilés argentins entre 1976 et 1983, pendant la dictature militaire dans ce pays. Cette communauté est représentée par des organismes tels que la Commission de solidarité avec les familles de disparus en Argentine (COSOFAM), à l’initiative de cet espace urbain dédié aux Mères de la place de Mai. À la demande de cette commission, en 1991, fut inaugurée cette place en hommage à ces mères, grands-mères et parents, qui, depuis 1977, se réunissent sur la place de Mai de Buenos Aires pour exiger au gouvernement argentin d’enquêter sur la disparition de leurs enfants pendant la dictature. Deux plaques commémoratives furent posées au sol et, en 1995, toujours dans le district de Nou Barris, un bosquet de la mémoire fut planté sur la colline Turó de Roquetes, à la mémoire des victimes argentines.

La plaque circulaire située tout près du passage piéton est plus récente ; elle fut inaugurée en 2004 en hommage au militant libertaire anti-franquiste Josep Lluís Facerías, mort à cet endroit le 30 août 1957. Au début de la guerre civile, Facerías rejoignit les Jeunesses libertaires. Il avait 16 ans. Il lutta avec les républicains jusqu’à ce qu’il tombe aux mains des franquistes. Il commença alors un périple dans diverses prisons, camps de concentration et bataillons de travail, jusqu’en 1945. Libéré, il rejoignit le mouvement anarchiste et intégra le Syndicats des industries graphiques de la CNT. Il reprit la lutte armée, attaquant des banques, posant des bombes dans des bâtiments officiels et participant à des attentats. Il fit partie du plus célèbre quatuor de maquis urbain avec Quico Sabaté, Marcel·lí Massana et Ramon Vila, alias « Caracremada ».

Le jour de sa mort, Facerías devait rencontrer un compagnon militant près de l’Institut mental, mais ce dernier avait été intercepté et torturé la veille, et avait fini par révéler l’heure et le lieu du rendez-vous. Le 30 août 1957, la police attendait Facerías au coin des rues Pi i Molist et Urrutia. Il fut mitraillé et tomba dans un trou dans le sol, à l’emplacement actuel de la place. Quand les agents s’approchèrent, ils le trouvèrent mort, tenant à la main une grenade qu’il n’avait pas eu le temps d’activer.

Tous les 30 août a lieu un hommage populaire devant la plaque en souvenir de la mort de ce résistant urbain qui ne cessa jamais de lutter contre le fascisme et la dictature franquiste.

Localisation: Pla de les Madres de la Plaza de Mayo || Coordonnées: (LAT, LONG): 41.435479000, 2.172214000

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