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Routes historiques dans les quartiers de Barcelone (XXe siècle)

Sant Martí

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À l’emplacement du complexe du Forum des cultures, qui s’est tenu en 2004, se trouvait autrefois le camp de la Bota, un endroit utilisé pendant la guerre civile et surtout sous la dictature franquiste comme terrain d’exécution. Un lieu à l’écart du centre-ville, pour éviter que les curieux puissent assister aux fusillades. De nos jours, le monument « Fraternité » et un mur commémoratif avec les noms des victimes se dresse à cet endroit en mémoire de ceux qui y furent assassinés.

À l’emplacement du camp de la Bota, situé à cheval sur le territoire municipal de Barcelone et celui de Sant Adrià de Besòs, on édifia un fort en 1858 afin d’y établir une école d'artillerie, qui demeura en fonctionnement jusqu’à la Deuxième République. À partir de 1925, cette zone de la ville se transforma peu à peu en un bidonville, où s’installaient les immigrés qui se rendaient à Barcelone dans l’espoir d’y trouver du travail et une vie meilleure.

Au début de la guerre civile espagnole (1936-1939), le terrain d'entraînement du camp de la Bota fut le lieu choisi par le gouvernement de la République pour fusiller les 44 militaires qui avaient pris part au coup d’État de 1936. Après la guerre, le camp de la Bota devint un haut-lieu de la répression franquiste. Les nouvelles autorités utilisèrent ce terrain pour y fusiller de nombreux individus qui avaient été jugés par un conseil de guerre et condamnés à mort pour rébellion militaire, principalement des membres des partis politiques, des syndicats et des organisations qui avaient soutenu la République. D’après des sources spécialisées, 3 385 personnes au total furent exécutées en Catalogne après la guerre, desquelles près de 1 700 moururent au camp de la Bota. Une grande partie des exécutions eut lieu entre 1939 et 1940.

Les condamnés a mort apprenaient le sort qui leur était réservé quelques heures seulement avant d’être exécutés. Depuis les centres de détention, on les conduisait en camion au camp de la Bota. Après la fusillade, les corps étaient transportés au cimetière de Montjuïc puis enterrés dans la fosse commune de la Pedrera. Auparavant, un médecin de l'armée établissait un certificat de décès, où il indiquait généralement que celui-ci était dû à une hémorragie interne, sans en préciser la cause. Dans une tentative de redorer l’image du régime, après la tenue du Congrès eucharistique international de 1952 à Barcelone, on mit fin à cette pratique au camp de la Bota.

En 1992, on érigea à cet endroit le monument « Fraternité » (œuvre de Miquel Navarro) en hommage aux personnes mortes en ces lieux. La plaque posée au pied du monument fut dans un premier temps dédiée aux victimes de la guerre civile. Cependant, en 2004, on modifia l’inscription pour inclure toutes les personnes fusillées entre 1936 et 1952, c’est-à-dire les victimes de la guerre et de la dictature. Aussi, en 2013, une petite plaque à la mémoire des citoyens de Barcelone qui ont vécu pendant des années dans des cabanes dans cette zone de la ville, était installé en face du bâtiment bleu du Musée d'histoire naturelle. Et en 2019, près de l'endroit où se trouvait le mur d'exécution, un espace commémoratif a été inauguré avec les noms de toutes les personnes abattues au camp de la Bota.

Localisation: Plaça de la Fraternitat (complexe du Fòrum) || Coordonnées: (LAT, LONG): 41.409574356, 2.221622466

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