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Routes historiques dans les quartiers de Barcelone (XXe siècle)

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Le bâtiment qui abrite aujourd’hui le centre commercial Glòries conserve encore la structure originale de l’ancienne usine de machines à écrire Hispano Olivetti. Dans les années 1950 et 1960, les salariés de cette usine réclamèrent à plusieurs reprises une amélioration des conditions salariales et de travail. Ces protestations s’inscrivaient dans le cadre de la vague de revendications du mouvement ouvrier, l’un des plus combatifs vis-à-vis du régime franquiste.

En 1940, la société Hispano Olivetti acheta une parcelle de terrain au nº866 de la Gran Via de les Corts Catalanes (à l’époque appelée Avenue José Antonio Primo de Rivera) pour y construire un bâtiment de 2 700 m2. En 1963, l’entreprise s’étendait déjà sur 32 000 m2 et recensait 3 220 salariés, qui se montrèrent toujours très actifs dans les mouvements de revendication des classes ouvrières.

Le mécontentement ouvrier en Espagne sous la dictature franquiste éclata au milieu des années 1950. À cette époque, le régime maintenait les salaires à un niveau très bas tandis que les prix du marché étaient de plus en plus élevés en raison de l’ouverture économique promue par le gouvernement. Tout comme dans d’autres entreprises en Catalogne et en Espagne, les salariés de l’Hispano Olivetti avaient exigé une hausse des salaires par le biais de plusieurs grèves, qui s’étaient toutes soldées par une intervention policière, des détentions et des licenciements. Face à cette situation tendue, la loi sur les conventions collectives fut approuvée en 1958, afin de permettre aux entreprises et aux salariés de négocier les conditions de travail et de rétribution. Les salariés étaient toujours représentés par l’Organisation syndicale espagnole, le seul syndicat légal en Espagne sous le franquisme, également appelé Syndicat vertical.

En avril 1962, la grève lancée dans les mines des Asturies, sévèrement réprimée par la police, s’étendit dans toute l’Espagne. Dans ce contexte, le 16 mai 1962, les salariés d’Hispano Olivetti entamèrent une grève pour exiger un salaire quotidien de 175 pesetas et une renégociation de la convention collective en vigueur, signée un an auparavant. De nombreux licenciements et détentions se produisirent suite à cette grève. 3 jours plus tard, les ouvriers retournaient au travail. Le 25 mai, une réunion entre les salariés et la direction de l’entreprise permit de négocier les revendications des ouvriers mais reprocha à ces derniers la connotation politique (contre le régime) de la grève.

Suite à ces mobilisations, Franco promulgua la loi sur les conflits collectifs en septembre 1962. Cette loi admettait l’existence d’un conflit avec les ouvriers et faisait la distinction entre la grève pour des motifs économiques et la grève pour des raisons politiques, mais les considérait toutes deux illégales. Par ailleurs, un salaire minimum interprofessionnel entra en vigueur le 17 janvier 1963. Le cas d’Hispano Olivetti fut associé à l’un des mouvements ouvriers revendicatifs les mieux organisés de Barcelone. Ses salariés joueraient un rôle prépondérant dans les revendications ultérieures.

Localisation: Gran Via de les Corts Catalanes, 866 || Coordonnées: (LAT, LONG): 41.405808133, 2.190118464

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